Début août : les travaux sont presque terminés. Quelle aventure! Pas le temps de voir la famille et les amis, trop vidés à la fin de la journée pour leur téléphoner, plus le goût de voir notre cave malgré la fierté du travail accompli. On est dûs pour un décrochage total, un changement de décor radical, responsabilités au point zéro.
C’est dans le Bas-Saint-Laurent, qu’on appelle chez nous le Bas-du-Fleuve, qu’on va se réfugier dans le petit chalet de Ben, sans électricité mais avec tout le confort. Cette région est magnifique mais on n’est pas là pour faire du tourisme.
Pendant six jours on passe des journées bien remplies... à ne rien faire. Seulement prendre le café matinal en regardant le fleuve qui sent le bord de mer et en regardant l’écureuil qui vient protester contre l’envahissement de son territoire. Chaque jour cueillir les bleuets sauvages qui me rappellent de bons souvenirs d’enfance. Avoir le plaisir de voir Chico si heureux d’être en campagne. S’émerveiller de voir l’araignée tisser sa toile entre deux têtes de sapin sur fond de soleil couchant et de marée montante. Lire cent pages par jour des Chronique du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay, auteur que je viens juste de découvrir et qui écrit tellement bien. Paresser dans mon hamac en regardant passer les nuages. Se faire des bonnes bouffes. Dormir avec les bruits de la forêt et se réveiller au chant des oiseaux. Faire le plein d’énergie en prévision de l’automne qui arrive toujours trop vite. Et en revenant faire le plein de pétoncles qu’on mangera en fondue l’hiver prochain pour se rappeler les vacances.
Lorsque je suis vidée, à plat, la campagne est toujours pour moi le meilleur des remèdes.